Le verre, un matériau fascinant…à bien trier !

Le verre traverse aujourd’hui une crise. La filière française de recyclage du verre fait à nouveau face à une augmentation des stocks, conséquence d’une consommation en berne de boissons embouteillées dans des emballages en verre à l’échelle de l’Europe.

Au Sirtom, une légère baisse de la collecte du verre s’est également fait ressentir en 2025, mais reste néanmoins appréciable avec 43 kg collectés par habitant par an.

Le verre, un matériau apprécié de tous temps pour sa transparence et sa recyclabilité infinie. Une caractéristique qui le distingue de la plupart des autres matériaux mais qui le rapproche de l’aluminium. D’autre part, le verre est inerte. Il se décompose dans le sol sans libération de produits chimiques. Contrairement au plastique, il ne contamine pas les liquides ou aliments qu’il contient (bisphénol A, phtalates). Il se distingue également comme étant un matériau minéral, doté d’une excellente durabilité.

Chez les Romains déjà, la production du verre se développe à grande échelle grâce à la technique du verre soufflé. Le recyclage devient alors une pratique organisée : des ateliers collectaient le verre usagé pour le refondre.

La consigne du verre connaît son apogée au milieu du XXᵉ siècle, notamment en Europe et en Amérique du Nord. Dans les années 1950 et 1960, la majorité des bouteilles en verre sont consignées.
Cependant, le XXème siècle marque aussi le début de son déclin. L’apparition du plastique, plus léger et moins coûteux, ainsi que le développement des emballages à usage unique, modifient profondément les habitudes de consommation.

Dans les années 70, face au dilemme de la raréfaction des ressources et même si on ne parle pas encore à l’époque de développement durable, il est le premier matériau à faire l’objet d’un recyclage, à l’initiative des verriers. Le calcin est refondu pour produire de nouvelles bouteilles.

De par son poids mais aussi du fait du caractère énergivore de sa fabrication (1,2 tonne de sable/calcaire nécessaire pour 1 tonne de verre, fours chauffés à 1500° pour transformer les matières premières minérales), l’évolution des quantités collectées et recyclées constitue un enjeu économique majeur de l’industrie.

Ce « Geste verre » nous paraît aujourd’hui une banalité, et pourtant, la réalité du terrain offre encore malheureusement des exemples contraires de geste de tri mal exécuté.
La faute aux colonnes vertes dont l’éloignement décourage l’usager ? Un mauvais geste qui pourtant « coûte » cher.
Si le verre est déposé dans les ordures ménagères, il finit incinéré, ce qui est une hérésie ; s’il est déposé dans les bacs jaunes, il finit au centre de tri où il est écarté car constituant un « refus de tri » (il n’a rien à faire là), ce qui in fine coûte cher à la collectivité et au contribuable (les refus de tri ont coûté plus de 180 000 euros au Sirtom en 2024).

C’est pourquoi le Sirtom a mené en 2024 une campagne d’ampleur avec l’apposition d’autocollants sur l’ensemble de nos bacs de collecte afin de dissuader les usagers de jeter le verre dans les bacs OM et les bacs jaunes.
La cartographie des points de collecte du Sirtom présente sur l’autocollant vous permet de connaître l’ensemble des points Verre à proximité de l’endroit où vous vous trouvez (système de géolocalisation intégré).

Si la piste de la consigne reste évidemment, dans l’idéal, la meilleure option en termes d’empreinte carbone sur un circuit local, commençons déjà par appliquer le Geste verre, un geste ancien et essentiel.

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