Jeudi dernier, le quai de transfert du Sirtom bruissait d’une activité inhabituelle. Des agents missionnés par Citeo s’animaient sous le auvent pour ramener un peu d’ordre dans le tas d’immondices qui y avait été déposé en vrac par les ripeurs.
Les voilà qui commencent à effectuer un « quartage » et des allées venues entre le quai de transfert et le hangar où les déchets sont triés par catégorie, avant d’être pesés.
Dans le jargon des déchets, on parle de « caractérisation », c’est-à-dire une étude approfondie visant à analyser la nature et la quantité des déchets produits sur le territoire.
Chaque jour, les ordures ménagères provenant à chaque fois d’une commune différente ont donc été passées au peigne fin par deux hommes vêtus d’orange. Dans l’échantillon prélevé, que retrouve-t-on qui ne devrait s’y trouver ? des emballages, des biodéchets, des cartons, des encombrants ?
Ces caractérisations sont utiles en ce qu’elles indiquent la qualité du tri effectué par les usagers sur notre territoire, avec la possibilité d’associer les données recueillies à une partie du territoire. Dans quelle commune le geste de tri a-t-il été mieux assimilé ? Quels sont les déchets les plus produits dans telle autre ? Quelles sont les erreurs de tri les plus fréquemment constatées ?
L’enjeu n’est pas des moindres. En effet d’après l’Ademe, la dernière caractérisation menée à l’échelle nationale (MODECOM 2024) laisse entrevoir une marge de progrès considérable, puisque les deux tiers des volumes n’auraient rien à y faire ! Si on y retrouve, et c’est bien normal, les essuie-tout, les mouchoirs en papier, les couches bébé et d’autres déchets hygiéniques, …..la part (trop) belle est encore faite aux emballages, hors verre (à plus de 35%), aux emballages en verre (4,7% des OMR), aux textiles/à l’électroménager/aux médicaments (5,9% pour ces trois). Les biodéchets, malgré un léger recul, continuent néanmoins de représenter 31,9% des OMR. Autrement dit, plus de 77 % du contenu de la poubelle pourrait être mieux orienté. Cela représente près de 12 000 tonnes encore envoyées à l’incinération sur les 15 000 totales, faute d’un tri correctement réalisé.
Soit, si l’on extrapole uniquement la part des biodéchets à l’échelle de notre territoire, près de 5 000 tonnes de déchets pourraient être détournées de l’incinération chaque année. Un volume considérable, qui représente à lui seul environ 12 % du budget de fonctionnement du SIRTOM en coût de traitement annuel. Un constat qui plaide clairement pour le développement des solutions de compostage, avec des composteurs individuels pour les foyers disposant d’un jardin et des composteurs collectifs pour les habitants des villes et villages.
N’oublions pas : la poubelle classique doit rester la poubelle de dernier ressort et non celle du premier choix.
